« Ils veulent sacrifier le CFEE et le BFEM pour sauver in extremis le Bac » (Syndicaliste)

Nous avons suivi hier sur la RTS 1, médium de propagande d’Etat, les sorties des ministres de l’Education et de la formation professionnelle par suite à l’avortement de la reprise des enseignements apprentissages du 02 juin. Il est clair que nous sommes restès sur notre faim avec un profond sentiment de déception et d’attentes inassouvies. Pour dire vrai, ces ministres très attendus, ont juste parlé pour ne rien dire. Ils pouvaient d’ailleurs s’empêcher de ce déplacement en ces temps de covid 19 où le moindre mouvement en ville peut être source de danger ou risque. Le virus circulant à une vitesse TGV.

En effet, là où notre ministre de l’Education nationale était attendu sur un horizon clair par rapport à ce retour en classe, il ne nous a rien servi de bon. A quand la levée de cette suspension pour une reprise des cours? Les examens déjà fixés peuvent t’ils courir? Quid de l’avenir de l’année scolaire 2019/2020, désormais sérieusement compromise? Que faire de ces classes intermédiaires déjà en vacances anticipées? Autant de questions qui sont restées sans réponses sinon que Monsieur Talla a fait mention du CM2 et de la 3EME pouvant être gérer, selon lui, par un système de passage ou de moyenne. Insinuant par là et pour ceux qui savent bien lire entre les lignes ou M.O.T.S, que ces deux niveaux ne posent plus de problèmes car la solution pour eux résidant dans ce paradigme de la moyenne. Il oublie par là que ces deux niveaux sont aussi sanctionnés par un DIPLOME, le CFEE et le BFEM. Oubien, qui a la moyenne est forcément attributaire de ce fameux sésame? Nous sommes bien sûr dans l’analyse ou les hypothèses pour ne pas dire dans la déduction…

Personnellement, je ne vais jamais être surpris que dans ce prochain retour en classe que les élèves de CM2 et de 3EME soient, exemptés, épargnés, libérés et contraints de rester chez eux parce qu’une bonne formule de passage ou d’obtention du diplôme par « LA MOYENNE » ayant été actée. Leur gros problème à eux gestionnaires de notre système réside dans le BAC et cela est bien apparu dans les différentes prises de paroles du MEN. Le BAC qui est tout un enjeu sur ce plan local, national mais aussi et surtout international avec ces histoires de pré-inscription ou poursuite d’études à l’étranger, ne pourrait se suffir à ces peudos solutions de « OUDÉYISME » ou « TAILLEURISME » pédagogique juste pour penser sauver ou capitaliser pour ne pas dire valider une année.

Et puis aussi ce bac leur concerne directement parce que leurs enfants et leur cour affrontent ce bac avec leur avenir reposant sur ce même bac. Non sans compter que de grandes écoles privées de « BOSS » de Dakar à travers un lobby intense n’accepteront jamais que le calendrier du bac soit vandangé. Le bac est si trop sérieux, stratégique et capital qu’il ne pourrait être arrimé à l’aune de cette grosse farce déjà planifiée et envisagée. Par ailleurs, les universités et autres instituts de l’étranger sont bien regardants par rapport à la qualité de ces « BAC » qui leur sollicitent surtout en terme de capitalisation des, quantum ou curriculas. Un bac en « CARTON, DÉVALUÉ », ou « BAC BOUNIOU TAKALÉ » ils n’en veulent surtout pas. Certains convoquent la France qui ne déroulerait pas d’examen de bac cette année en lieu et place de moyenne de contrôle continu. Mais la France n’est pas le Senegal…

En somme, l’avenir de cette année scolaire est dangereusement compromis et même si l’autorité administrative et académique pensent se donner tous les moyens possibles et inimaginables pour tenter de la sauver. Mais en la sauvant-si sauvetage y’a- il ne nous faudrait pas oublier que dans les années à venir, dans 2, 3, 4 ou 5 ans, les graves sequelles de ces grosses turbulences de cette année se feront encore sentir avec des apprenants encore « PLUS FAIBLES ET NULS » que jamais, dans cette faiblesse récurrente de niveaux qui n’est pas près de sitôt à quitter nos potaches sénégalais tant tout semble réuni pour les en enfoncer davantage et de jours en jours par un sytème éducatif devenu trop archaïque, démodé et dépassé et qui refuse de faire sa mue, de changer. Fort malheureusement….Ce n’est pas demain la veille. Il est grand temps de CRIER HARO sur cette politique éducative nationale souffrant d’absence de créativité, d’imagination et de prospective puisque depuis nos indépendance faite, de colmatage, de tatônnement, de pilotage à vue et de « TAKALÉ ». Cette pandêmie à covid-19 est venue nous rappeler nos graves limites sur ce plan comme sur pratiquement tous les autres secteurs de la vie nationale, Santé, Agriculture, Jeunesse, Environnement, …..

BEN DIALLO, SYNDICALISTE ENSEIGNANT….
KAOLACK

Share This Article
Leave a Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

15 + 6 =